• « M », TOUMANI ET SIDIKI DIABATÉ, AVEC FATOUMATA DIAWARA, Lamomali, 3ème bureau/Wagram Music

    Matthieu Chédid est tombé amoureux du Mali, de ses musiques, de ce mélange unique de sérénité et de folle énergie, selon que l’on se promène le jour sur les bords du majestueux fleuve Niger, ou que l’on danse joyeusement la nuit dans les « Bals de Bamako », titre (au singulier) de l’une des compositions de ce formidable album.

    S’il associe sur la pochette du disque les noms de l’immense joueur de kora Toumani Diabaté, de son fils Sidiki, et de la chanteuse Fatoumata Diawara, tous trois enfants du pays, c’est une véritable brochette d’amis musiciens et artistes, de tous pays, que M invite ici, pour célébrer la joie de l’Afrique : Youssou N’dour, Seu Jorge, Ibrahim Maalouf, Oxmo Puccino, Amadou et Mariam, pour ne citer qu’eux. Et même le contre-ténor français Philippe Jarrousski, qui nous offre sa voix, en magnifiques vocalises, sur l’un de nos titres préférés de ce disque : « Le Bonheur » (dont les paroles, en bambara, ne sont rien d’autre qu’une prière, qui inclut le célèbre « La ila ila Allah » – Il n’y a de dieu que Dieu – de la profession de foi musulmane, religion du pays).

     

    Au Mali on est musicien de père en fils, mais Matthieu est poète par sa grand-mère Andrée Chédid, Libano-égyptienne installée en France dans les années 40, et par son père (et fils de cette dernière), Louis Chedid : oui M est bien un « griot », comme ne cesse de le lui répéter Toumani Diabaté, et comme les griots africains, c’est un don qui se transmet de génération en génération dans la même famille…

     

    Nous sommes nous-même une amoureuse inconditionnelle du Mali et de ses musiques, et nous avons adoré ce disque, d’une inventivité et d’un bouillonnement extraordinaires. Si ce disque devait être un vêtement, oui ce serait à coup sûr l’un de ces pagnes africains aux couleurs éclatantes, joyeux et chamarrés. D’ailleurs sur les clips du disque et sur scène, Matthieu porte des vestes confectionnées… dans ces tissus mêmes ! 

    https://labo-m.net 

  • BAB EL WEST, Douar, Inouies Distribution

    Voilà une bien jolie découverte, et un premier album tout à fait réussi !  Bab El West (La Porte de l’Ouest en arabe) est nommé ainsi car ce groupe est la rencontre de l’auteur-compositeur-interprète et guitariste marocain Habib Farroukh avec les Bretons Marc Dupont (batterie) et Clément Vallin (basse). Car le Maroc est à l’Ouest du Monde Arabe, comme la Bretagne à l’Ouest de la France, et pour les non-arabisants, « Ouest » se dit « maghreb » en arabe, d’où le nom du Maroc dans cette langue : Maghreb, qui a donné son nom à toute la région d’Afrique du Nord)

    Et leur histoire ressemble à un conte de fées, d’un groupe qui commence à jouer dans les cafés et les squats à Paris, et qui, vu l’accueil enthousiaste du public – on les comprend à l’écoute du disque ! – poursuivent en festivals et en tournées, jusqu’à ce premier album, formidable !

    On comprend donc pourquoi le public leur a fait un accueil d’enfer : ce groupe de jeunes artistes distille de la JOIE, de la bonne humeur, et cela dès le premier titre de l’album – et cela continue tout du long : si l’on ressent cela rien qu’à l’écoute, on imagine ce que cela peut donner – déménager ! – en concert !!!

    Habib Farroukh chante ici en marocain, sur une musique que le groupe définit « entre folk marocain, soul et musique afro ». Et comme la plupart des groupes de musiques (du monde) aujourd’hui, cette définition n’est qu’incertaine, car certains morceaux sonnent carrément rock avec des riffs de guitare d’enfer, et d’autres gnawa. Nos compères ont d’ailleurs invité à jouer avec eux tout un tas d’artistes amis, qui apportent chacun leur touche, de la musique classique à la Côte d’Ivoire…

    Habib Farroukh a en tout cas une pêche d’enfer, communicative, et nous applaudissons des deux mains en souhaitant la bienvenue à Bab El West dans le club des excellents groupes de musiques inspirés par le Maghreb. Au fait, ils nous rappellent quelque chose de rigolo : le mot « douar », qui signifie village ou terre en arabe et en berbère, signifie la même chose… en breton ! Comme quoi, le dialogue des cultures … :))))

    Ils sont en pleine tournée de lancement de leur disque, dans plein de villes de France : toutes les dates sur leur site !

    www.babelwest.com 

  • AMINE & HAMZA, The Band Beyond Borders, Fertile Paradoxes, ARC Music (Grande-Bretagne)

    Nous avons été enthousiasmée, en juin 2011, lorsque nous avons découvert les frères Amine et Hamza pour leur précédent album. Le premier au ‘oud, le second au qanoun (cithare), les frères Amine et Hamza Mraïhi nous étaient alors apparus comme la relève tant attendue du grand ‘oudiste Anouar Brahem, Tunisiens tous trois…

    Les voici dans un album délibérément cosmopolite – d’où le titre de leur groupe pour cet album : « The Band Beyond Borders »…. Ils invitent ici une petite dizaine d’amis musiciens, de tous pays, aux côtés d’un orchestre de chambre, classique, composé de 7 membres. L’album s’ouvre avec l’Inde et le chant de Kaushiki Chakraborty, et aussitôt le ‘oud et le qanoun des deux frères prennent des tons résolument indiens… Plus loin, le violon de Baiju Bhatt sonne presque irlandais, l’accordéon de Vincent Peirani se fait tout mélancolique, le hautbois de Clothilde Ramond sonne comme un doudouk arménien, et le violoncelle de Vincent Ségal lance une plainte triste…

    « « Fertiles Paradoxes » est ce que nous sommes, un mélange de paysages suisses à couper le souffle, de douce mélancolie polonaise, et de frénésie urbaine tunisienne », s’expliquent les deux frères dans le livret. Et dans ce même livret l’immense Anouar Brahem apporte son parrainage, et son admiration : « un succès magnifique ! » écrit-il ! Et nous en dirons au moins autant ! Oui, un album absolument magnifique, et un groupe à découvrir d’urgence, si vous ne les connaissez pas encore !

    http://aminehamza.comwww.arcmusic.co.uk

  • TOUFIC FARROUKH, Villes invisibles, L’Autre distribution

    A Babelmed, nous avons toujours aimé Toufic Farroukh, jazzman libanais de génie (il est saxophoniste), modeste comme les vrais génies, et par conséquent qui n’est pas encore aussi connu du grand public qu’il le mériterait…

    Nous avons été totalement conquise par ce dernier album, où l’inspiration de l’artiste et son inventivité sont à leur comble. D’une habanera bien balancée (« Villes invisibles ») à une bossa nova où s’invite une douce voix féminine brésilienne (celle de Naïma Yazbek, chanteuse et danseuse brésilo-libanaise aujourd’hui installée à Beyrouth) en passant par une composition aux accents celtiques (« Angela ») et une valse-musette bien parisienne (« Lady Moon »), l’immense artiste nous dit, mieux qu’avec des mots, à quel point l’âme libanaise est à la fois terre de rencontres et avide de croisements, de découvertes, et d’ouvertures : nous n’y pouvons rien, c’est dans l’ADN levantin, d’après l’histoire, et la géographie ! Le meilleur du jazz n’est plus uniquement américain ou européen. Et le Liban, minuscule pays, mais musicalement toujours à l’avant-garde dans la région, produit désormais parmi les meilleurs jazzmen du monde : à bon entendeur, salut !

    www.touficfarroukh.com

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    OLIVIER KER OURIO, French songs, Bonsaï Music

    Imaginez que vous ayez un ami qui aime vous chanter les plus belles chansons françaises, et qu’il le fasse avec un charme infini…. Et bien, ce disque d’Olivier Ker Ourio, qui nous « chante » ces chansons avec son harmonica, produit exactement cet effet : le son de l’harmonica, si proche et si familier, pas prétentieux pour un sou, vous rend l’artiste – dont nous avouons que nous ne le connaissions pas avant – immédiatement proche, et « aimable » comme on disait au XVIII° siècle…

    Accompagné de Sylvain Luc à la guitare, de Laurent Vernerey à la basse et de Lukmil Perez à la batterie, l’artiste nous ravit, avec ses reprises et interprétations toutes en douceur de thèmes que nous connaissons et aimons tous, parce qu’ils font partie du patrimoine oral immatériel de la France du XX° siècle, c’est-à-dire de notre histoire, pour ceux qui ont vécu en France depuis 30 ou 40 ans : « La bicyclette », « Le métèque », « Champs-Elysées », « Et maintenant », « Toulouse »…

    Lorsqu’un descendant de Bretons naît et grandit à La Réunion, terre éminemment musicale, et qu’on lui offre un harmonica à 8 ans, comme à tant d’enfants, cela donne parfois de petits miracles… Olivier Ker Ourio, merci pour ce joli album des chansons de notre enfance…

    www.kerourio.com

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    DIEGO EL CIGALA, Indestructible, Sony Music

    Attention : vous allez totalement décoller ! Diego El Cigala est tombé amoureux de la salsa portoricaine et cubaine, et lui rend hommage dans un album magnifique ! L’artiste, gitan espagnol né dans, et devenu célèbre par, le flamenco, continue ainsi son exploration des musiques hispaniques sud-américaines, avec toujours le même succès – car ces musiques dérivent toutes de l’Espagne-mère, même lorsqu’elles se métissent d’éléments africains et indiens. En 2012 l’artiste avait ainsi rencontré le tango avec son album « Cigala & Tango »,  et auparavant il avait aussi dialogué avec le pianiste cubain Bebo Valdes, dialogues entre le chant passionné flamenco et ces traditions latino-américaines, toujours parfaitement réussis.

    Et voilà à présent notre artiste espagnol parti enregistrer à Miami, New York, Porto Rico, et même, tout près de chez lui,… Barcelone, où se vit, se chante et se danse la salsa, et l’artiste de flamenco se fond tout naturellement dans cet univers, qui lui est familier par ADN. Nous avons été enchantée, une fois de plus, par cet album de Diego El Cigala, artiste que nous avons eu le bonheur d’entendre sur scène, il y a peu…

    http://diegoelcigala.squarespace.com

  • OSMAN MARTINS & QUATUOR MP 4, Vontade Saudade (Homerecords – Belgique)

    Attention, fans de musique brésilienne, vous allez tomber fous amoureux de ce disque ! OSMA MARTINS, musicien brésilien jusqu’ici connu surtout comme accompagnateur de grands musiciens de jazz belges – car il vit en Belgique – signe ici un premier disque tout simplement MAGNIFIQUE !

    C’est le grand retour de la bossa-nova, telle que nous l’aimons tous, telle qu’elle naquit dans les années 50, et qui semble survivre dans l’exil plus que dans sa terre natale même…

     

    L’album se déguste de bout en bout, du plaisir tout simplement, de la douceur, juste la bonne dose de rythme pour vous donner de la joie, et, ô surprise, cachée parmi les autres, une chanson chantée en français, aux paroles délicieuses, signées Vera Zanello :

    Tous les jours, la même chose,

    Le bruit de la guerre orchestre ton coeur

    Enlève ta couronne de peurs

    Enfile ton rêve couleur de joie

    Puissent les nuages éveiller ta lumière

    Enfant de terre, de ciel et de soie

    Ouvre tes ailes à l’horizon

    Goûte tes jours au son de la vie

    Rappelle-toi la joie d’être au monde

    Rappelle-toi que la joie est souvent 

    Le choix de l’enfant qui vit en toi,

    Murmures écarlates, pétales de sourires

    Ciel de velours agite son mât, 

    Retient ses gouttes de vérité

    Eclaire ton regarde de mille flammes

    Puisse renaître ton espoir

    Pourquoi a-t-on le sentiment de se trouver, d’emblée, devant des « classiques » de la chanson brésilienne, alors que le disque vient à peine de sortir? Pourquoi ces chansons sonnent-elles comme des évidences, comme si nous les connaissions par coeur, alors que nous les écoutons pour la première fois ? Sans doute est-ce dû à la maîtrise musicale réelle d’un musicien de génie. Car si nous, le grand public, ne connaissions pas Osman Martins, les professionnels, notamment en Belgique où il vit désormais, le connaissent depuis longtemps : il accompagne là-bas les plus grands noms du jazz.

    Et l’on frémit de bonheur, car l’on a le sentiment de se trouver face à un diamant pur, un personnage de la stature de Brassens : immensément modeste, mais – et sans doute à cause de cela même – IMMENSÉMENT TALENTUEUX. Un trésor inexploré, et que l’on découvre. Et l’on remercie Didier Mélon, animateur de l’excellente émission de musiques du monde « Le monde est un village » à la radio La Première en Belgique, d’avoir initié à la fois la rencontre entre Osman Martins et le quatuor classique, MP4, qui l’accompagne, et ce disque, qui est le fruit de cette rencontre.

    Au ciel de la musique brésilienne, une étoile est née. Et qui brillera longtemps. Et dans le monde entier.

    http://homerecords.be/fr/album-Vontade_Saudade-562.html

  • COMPAGNIE RASSEGNA, Il sole non si muove, Buda Musique

    Voilà un projet très original, et très convaincant, de la Compagnie Rassegna, et qui prouve, une fois de plus, à quel point Marseille est désormais un véritable creuset musical en France, laboratoire de recherches et de créations autour des musiques du monde entier, parce que l’ADN même de la ville lui confère, depuis plus de 2.000 ans, cette curiosité vers l’autre et l’ailleurs, fruit des mélanges et métissages.

    Autour du guitariste Bruno Allary, divers musiciens et choristes  – Mireille Colignon à la viole de gambe, Isabelle Courroy aux flûtes kaval, Carine Lotta, Sylvie Paz et Carina Salvado au chant (très belles voix féminines), Fouad Didi au ‘oud, et Philippe Guiraud à la basse – redonnent vie au répertoire européen du XVI° siècle, quand l’Angleterre et l’Italie, et l’Europe entière, conversaient en peinture, en musique, à une époque où la Provence était au coeur d’une région alors en pleine essor économique, avec le commerce maritime des nations européennes avec l’Orient, proche et lointain…

    Les mélodies mélancoliques de John Dowland, qui plaçait le luth, fils direct du ‘oud arabe, au coeur de sa musique, croisent ainsi celles de son contemporain italien Bartolomeo Tromboncino ; une romance espagnole anonyme du même siècle répond à une chanson arabo-andalouse accompagnée au ‘oud et chantée en arabe ; et une danse arménienne croise une chanson portugaise, qui était aussi chantée en Espagne…

    Le cousinage de ces univers musicaux venus de pays très divers, et que l’on croirait très étrangers les uns aux autres – comme l’Angleterre et l’Italie ou l’Angleterre et l’Espagne – s’entend ici simplement à l’oreille : cousinage de rythmes – ces rythmes lents des musiques de la Renaissance, quand la marche, forcément lente, était le principal outil de locomotion sur les routes ; cousinage des paroles et thématiques aussi, car la plupart des textes sont des chansons d’amour désespéré, et nous parlent de larmes, de lune, de rose, de nuits, d’espoir aussi heureusement, vocables et thèmes toujours chers à la chanson arabe ou hispanique, mais larmes qui ont quasiment disparu des traditions chantées populaires dans une Europe du Nord devenue prospère et matérialiste désormais…

    « Tout est mêlé, rien de pur entre nos mains » : cette citation du philosophe Pierre Charron (1541-1603), disciple et ami de Montaigne, et dont certains ouvrages furent censurés car il prêchait la tolérance religieuse en un siècle de guerres de religions et de fanatisme, ouvre le livret. L’une des plus belles démonstrations de notre héritage commun, musicalement, littérairement, et philosophiquement, se trouve ici condensé en une belle heure de musique. Chapeau bas, pour cette leçon d’Histoire, à la Compagnie Rassegna !


    http://ensemble-multitudes.com

     

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    Senegal. Dakar. 01/2017. Orchestra Baobab. au Yaatouna.

    ORCHESTRA BAOBAB, Tribute to Ndiouga Dieng (World Circuit)

    Amoureux de l’Orchestra Baobab, réjouissez-vous ! Le mythique groupe sénégalais de musique afro-afro-cubaine est de retour ! Oui, afro-afro-cubaine (2 fois, car ce groupe, né à Dakar il y a quelque 50 ans, a fait sa marque de fabrique du mélange harmonieux des rythmes afro-cubains – très en vogue sur le continent dans les années 60 – avec les rythmes africains, et plus précisément sénégalais .

    Leur dernier album, « Tribute to Ndiouga Dieng » (World Circuit), qui sort 10 ans après leur précédent, est un hommage au chanteur et compositeur du groupe, Ndiouga Dieng, décédé à Dakar en novembre dernier : il était âgé de 71 ans (son fils Alpha chante dans l’orchestre). Eh oui, les membres de l’Orchestra Baobab, comme ceux de l’ex-Buena Vista Social Club, ne sont pas jeunes, vu l’âge du groupe… Certains ont quitté la formation – comme Barthelemy Attisso, qui était guitariste et qui est désormais avocat au Togo : car en Afrique, l’on vit rarement de la musique, et les musiciens ont souvent un autre métier, la journée…

    Mais de nouveaux musiciens ont rejoint le groupe : ainsi, nouveauté, l’introduction d’une kora parmi les instruments, avec l’arrivée du Casamançais Abdoulaye Cissoko. Et aussi l’arrivée d’un jeune guitariste, René Sowatche, et du tromboniste Wielfried Zinzou, tous deux venus du  Bénin.

    La musique du groupe se décrit en trois mots : joie de vivre ! Elle est faite pour nous faire danser – jusqu’au petit matin ! Tout ce que nous pourrions dire de plus serait totalement superflu – écoutez donc ! Le groupe sera en concert au Cabaret Sauvage à Paris le 16 mai – toutes les dates de leur tournée européenne sur leur site :

    http://www.orchestrabaobab.com

  • CHRISTINA ROSMINI, Lalita, Distrib. L’autre distribution

    Nous avions salué, à sa sortie en 2009, le premier album, « Sous l’oranger » (Harmonia Mundi), de la Marseillaise Christina Rosmini, talentueuse auteur-compositeur-inteprète, qui nous offrait un joli bouquet de chansons poétiques, douces ou humoristiques, et parfois les trois à la fois, fleurant bon la fleur d’oranger, les effluves marines de Méditerranée, et le vent du large…

    L’artiste nous revient, fidèle à elle-même, avec des compositions tout aussi délicieuses, inspirées comme toujours par toutes les musiques et tous les univers qu’elle aime et qui la constituent, car la belle a des racines familiales espagnoles, italiennes et corses, car son âme gitane aime l’Inde passionnément, et que la langue et la culture arabe sont toutes proches de celles du Sud de la France…

    Christina est ici magnifiquement accompagnée, par son « guitariste-mari » Bruno Caviglia ainsi que par Manuel Delgado, aux très hispaniques guitares ; par Xavier Sanchez aux percussions ; et par de nombreux amis musiciens : Sebastien Debard (accordéon), Levon Minassian (doudouk arménien), Tchoune Tchanelas (chants et palmas), pour ne citer qu’eux.

    « Ramatu’Allah » est ainsi un hommage à la ville de Ramatuelle, qui tient son nom de celui que les Arabes lui avaient donnée, quand ils étaient installés en Provence : « Rahmatou Allah », c’est-à-dire lieu béni par Dieu, tant la beauté du site les avaient conquis ! Ramatuelle où repose désormais la mère de l’artiste, dont la fille a hérité les dons pour la chanson et pour la poésie…

    « Marseille, Marinera » est un chant d’amour à la ville natale de Christina, ville que l’on aime et qu’il faut quitter parfois pour conquérir le monde, comme l’a fait l’artiste, partie un temps à Paris, et revenue au port… mais qui repart souvent, car ses concerts la mènent un peu partout dans le monde…

    La chanson « José l’Oriental » est un hommage à l’un de ces vieux chanteurs algériens de « chaâbi » qui vivent en France depuis des dizaines d’années ; « Passage du Génie » s’inscrit dans le droit fil des chansons coquines françaises, tradition hexagonale oubliée en cette ère où la vulgarité a remplacé les grivoiseries  – la chanson est une succession de jeux de mots très drôles et jamais vulgaires ; « Jaleo de mi Espana » rappelle les jours sombres de la Guerre d’Espagne, qui amenèrent la famille maternelle de l’artiste en France ; enfin, « Dans les bras d’Amma », qui ouvre l’album, est un hommage à Amma, personnalité qui tient un ashram en Inde et offre aux visiteurs des messages d’amour et d’affection…

    Mais Christina Rosmini est avant tout une femme de scène, qui conçoit des spectacles complets, et qu’il faut donc aller voir en live –  et programmer en festival ! En effet, l’été et les nuits de plein air se prêteront à merveille à ses spectacles, qui chantent la Méditerranée, les voyages, et la liberté ! 

    www.christinarosmini.com