• La Britannique Catrin Finch et le Sénégalo-Malien Seckou Keita viennent de sortir un album, « Soar » (Arc Music), mariage merveilleux entre la harpe classique et la kora sahélienne, musique enchanteresse qui semble directement tombée du paradis… 

    Mardi 30 octobre dernier, à l’Espace Jemmapes à Paris, tous deux nous offraient un concert qui fut un pur moment de grâce, dans le cadre du Festival « Villes des Musiques du Monde », qui se tient chaque année à l’automne autour des musiques du monde à Paris et en banlieue, et qui compte encore de nombreux concerts jusqu’à fin novembre (http://www.villesdesmusiquesdumonde.com ).

    Les deux artistes viennent pourtant de deux univers totalement différents : Catrin, qui joue de la harpe depuis l’âge de 6 ans, a suivi une formation classique, diplômée de la très prestigieuse Royal Academy of Music à Londres, d’où elle est sortie avec les Félicitations d’Excellence de la Reine. Son talent exceptionnel à la harpe a convaincu le Prince de Galles, le Prince Charles, de la nommer « Harpiste Royale » en 2000, titre qui n’avait pas été attribué à un(e) harpiste depuis le règne de la Reine Victoria, en 1873… (http://www.catrinfinch.com ).

    Seckou, comme l’immense majorité des joueurs de kora en Afrique, a quant à lui une formation d’autodidacte, ayant appris l’instrument, sans solfège et sans partition comme ses pairs, à 7 ans, en regardant jouer son oncle et son grand-père. Enfant et adolescent prodige, son oncle Solo Cissokho, musicien confirmé, l’introduit en 1996 dans le milieu des scènes internationales, et Seckou accompagne bientôt les plus grands musiciens, de Paul Simon à Manu Dibango en passant par Miriam Makeba (http://www.seckoukeita.com ).

    Catrin et Seckou, qui avaient tous deux produit de nombreux albums en solo, avaient déjà collaboré en 2013 sur un album en duo, « Clycham Dibon », salué unanimement par les médias britanniques, consacré « Meilleur album de l’année » par plusieurs classements, et qui leur avait valu une tournée mondiale.

    Ce deuxième disque ensemble vient confirmer l’émergence d’une des plus splendides formations de musiques d’aujourd’hui, le duo Catrin Finch/Seckou Keita entrant désormais dans la famille des ensembles qui marqueront l’histoire de la musique, tels le Trio Cortot-Thibaud-Casals ou le Duo Dietrich Fischer-Diskau/Gerald Moore.

    Et cette référence à des ensembles de musique dite « classique » en Europe n’est pas fortuite : car si Catrin a été nourrie de musique « classique » européenne, de par sa formation, et du répertoire de cet instrument, Seckou a pareillement été nourri de la musique « classique » de l’Afrique de l’Ouest, et du Sahel plus précisément. Musique classique d’Afrique qui est tout aussi noble, même si elle s’est  perpétuée, depuis des siècles tout comme la musique « classique » européenne, sans partitions écrites et sans salles de concerts à sièges en velours, mais plutôt dans des cours en plein ciel et sur terre battue…

    Mais la musique de Catrin et Seckou parle d’elle-même, et si un concert de ce duo exceptionnel est un pur moment de grâce, le disque, écouté chez soi à la maison, vous apportera cette atmosphère de bonheur, de sérénité, de paix, et de spiritualité mêlés, qui signent cette musique créée par deux anges…

    PS : En février de cette année (2018), Catrin apprenait, en en informait son public, qu’on venait de lui découvrir un cancer du sein de Grade 3. Elle s’est courageusement battue contre la maladie, annulant ses concerts à l’étranger pendant plusieurs mois, ne cessant jamais de jouer de la harpe, et informant ceux qui l’aiment, sur sa page Facebook, de ses progrès, n’hésitant pas à se faire photographier tête rasée, soufflant ses bougies d’anniversaire…
    La maladie a été vaincue !  Grâce à Dieu ! Et nous sommes doublement admiratifs, devant l’artiste Catrin et la femme, à qui nous souhaitons tout le bonheur qu’elle mérite…

    https://www.catrinfinchandseckoukeita.com

    Acheter le disque, physique ou digital : 

    https://www.amazon.fr/soar-catrin-finch-seckou-keïta/s?ie=UTF8&page=1&rh=i%3Aaps%2Ck%3Asoar%20%28catrin%20finch%20et%20seckou%20keïta%29

  • PHOTO: JORGE SCLAR

    RAÚL BARBOZA : UN CONCERT-FÊTE FORMIDABLE A CÉLÉBRÉ SES 80 ANS ET SES 30 ANS À PARIS !

    Jeudi dernier (25 octobre 2018) l’accordéoniste argentin Raúl Barboza a offert une fête formidable, entouré d’une douzaine de ses amis musiciens, pour célébrer ses 80 ans et ses 30 ans à Paris. 

    Raul Barboza est cet immense accordéoniste argentin, installé à Paris depuis 30 ans, qui, sous prétexte de réinterpréter le chamame, cette musique du nord-est de son pays natal, en vient à tirer des sons littéralement in-ouïs, c’est-à-dire jamais entendus, sur cet instrument. Il nous offre ainsi une palette incroyable de rythmes et de sons, depuis des danses paysannes endiablées jusqu’à un simple souffle-esprit, âme d’une feuille dans la forêt ou d’un ancêtre vénérable, musique qui est toujours éminemment spirituelle pour cet artiste dont le sang est à moitié indien…

    Nous étions ainsi près de 300 spectateurs enthousiasmés par ce concert, si l’on en juge par le nombre de rappels en fin de spectacle, concert qui était donné dans la salle intimiste du Pan-Piper à Paris, taille idéale pour écouter des musiques du monde et pour des échanges d’émotions entre musiciens et public.

    Avec son seul trio, composé aujourd’hui de ses compères, argentins comme lui, Norberto Pedreira à la guitare (époustouflant de virtuosité !) et Daniel Díaz à la guitare basse acoustique, au rythme essentiel, Raúl Barboza nous enchantait déjà depuis de longues années, lors de concerts que nous vivons à chaque fois comme des moments musicaux qui nous bouleversent l’âme…

    Alors que dire lorsqu’il réunit une dizaine d’autres amis musiciens, pour dialoguer avec eux, le plus souvent dans des improvisations qui, lorsqu’elles se font à deux ou à plusieurs, signent la véritable connivence entre âmes musiciennes…

    Ainsi d’un duo avec Lionel Suarez, accordéoniste français venu de Rodez dans l’Aveyron mais également argentin de coeur à l’entendre dans un tango  de sa composition, plus sud-américain que nature… Première improvisation entre ces deux immenses accordéonistes de deux générations différentes…

    Jeunesse conviée aussi avec les soeurs Caronni, « Las Hermanas Caronni » comme on les connaît en Argentine, Laura au violoncelle, Gioanna à la clarinette et toutes deux au chant, artistes formidables qui font tomber ces fausses barrières entre musique classique, jazz et chanson, comme le font depuis des décennies les grands artistes d’Amérique du Sud, et nous offrent des pièces ou des chansons aux textes profonds, d’une très grande qualité musicale.

    Raúl Barboza avait également invité ses amis accordéonistes de longue date. Francis Varis d’abord – à qui l’on doit l’idée de cette fête-double-anniversaire – avec lequel Barboza avait enregistré en 2014 un magnifique disque, « Chamamemusette ! », qui mêlait les deux genres musicaux, l’un argentin, l’autre français, qui servaient d’abord à faire danser lors de fêtes joyeuses. Daniel Colin également, au bandonéon. Et encore Marc Berthoumieux, qui a enchanté la salle avec des compositions de son dernier album, « Le bal des mondes », hommage de l’accordéon à toutes les musiques et tous les rythmes du monde…

    Pour le rythme justement, Raúl avait convié Minino Garay, l’époustouflant percussionniste, argentin également, à l’imagination et à l’inventivité débordantes, qui nous a régalés de ses malices et inventions…

    Et le concert s’est conclu en feu d’artifice : tous les musiciens présents sur scène, pour nous offrir leur interprétation de ce tube mondial composé par le Vénézuélien Angel Cabral : « Que nadie sepa mi sufrir » (Que personne ne sache combien je souffre). Interprétation éblouissante, que le public a bissé plusieurs fois ! Mais si, vous connaissez cet air : Edith Piaf l’a fait connaître au monde entier, en changeant les paroles et en la rebaptisant… « La Foule » !

    A quand un grand concert de Raúl Barboza au Théâtre de la Ville, du Châtelet, à la Philharmonie, à la Seine Musicale? Emotion et enthousiasme du public garantis : la signature des très très grands artistes…

    Le programme complet de la soirée sur : https://pan-piper.com/live/events/raul-barboza-30-ans-a-paris/

    Albums à écouter pour aller plus loin :

    Raúl Barboza, « Anthologie » (Frémeaux & Associés)

    Raúl Barboza & Francis Varis, « Chamamemusette ! » (Le Hangar/Socadisc)

    Marc Berthoumieux, « Le Bal des Mondes » (Sous la ville) – http://www.marcberthoumieux.com

    Lionel Suarez, Airelle Besson, Vincent Segal, Minino Garay, « Quarteto Gardel »  (Bretelles Prod) – http://www.lionelsuarez.com

  • TRIO LOUKI, A la rencontre de Pierre Louki 

    Le chanteur et comédien Jean-Pierre Bolard a eu la chance de nouer une amitié de quelques années avec Pierre Louki, et lui rend ici un bel hommage, en reprenant une vingtaine de ses chansons et poèmes.

    « Le tailleur est ici

    Mais son fils est ailleurs

    Et son fils qu’est ailleurs

    N’est pas tailleur d’ailleurs

    Car le fils du tailleur

    Il n’aimait pas tailler

    Alors il s’est taillé

    En s’installant ailleurs… » 

    On l’aura compris : l’humour prime dans l’univers de Pierre Louki, la poésie aussi, et un certain romantisme, même… Et savez-vous que, outre lui-même à la composition, Pierre Louki a également vu ses poèmes mis en musique par Francis Lai, Richard Galliano, et même Brassens lui-même, qui l’aimait beaucoup ?

    « La rivière est en chômage » ; « L’enfant et la charcutière » ; « Mes copains » ; « Mangez du chou-fleur », « Le poireau » ; « Les sardines »,… : les titres à eux seuls disent assez l’enracinement de la chanson de Pierre Louki dans notre quotidien, qu’il raconte avec humour et détachement – pour raconter des choses graves parfois (comme le chômage d’un père, dans « La rivière est en chômage »).

    Avec ses comparses Pascal Michel à la guitare et Philippe Henckel à la guitare et à la contrebasse, Jean-Pierre Louki rend un bel hommage à un artiste qui se situait dans le droit fil de la belle tradition de chanson française, intelligente et drôle, et parfois même sociale, tout en restant simple et accessible à tous, de 7 à 77 ans. Et les poèmes de Louki que le comédien nous récite dans cet album nous parlent aussi d’un temps où chacun connaissait des dizaines de poèmes par coeur, appris à l’école, et où parfois, au fil d’une conversation, l’on se mettait à réciter quelques vers, voire un poème entier : lisez les témoignages sur les soirées de Brassens avec ses copains…

    Un joli album à s’offrir et à offrir à tous ceux qui veulent redécouvrir un artiste qui n’a pas la postérité qu’il mérite, à notre sens…

  • CHRISTINA ROSMINI, Tio Brassens, L’Autre Distribution

    Voici le dernier album de Christina Rosmini, tiré d’un spectacle qui fait salle comble à Avignon en cet été 2018 : « Tio Brassens » (l’oncle Brassens, en espagnol). L’artiste réussit la prouesse de « aflamencar » le barde de Sète (l’offrir à la mode flamenco), en apportant,  aux chansons célèbres que nous connaissons tous, une touche andalouse, pour la langue (car elle chante parfois Brassens en espagnol, comme il le fit lui-même aussi parfois), mais aussi surtout, pour la guitare et le rythme.

    Le spectacle raconte une histoire vraie : comment Christina, née dans une famille espagnolo-italo-corse, s’est construite une identité française, ainsi que toute sa famille… en chantant les chansons de Brassens !

    Car Christina a eu la chance de grandir, comme Brassens lui-même, dans une famille où l’on chantait beaucoup, à Marseille pour l’une et à Sète pour l’autre, c’est-à-dire tous deux dans ce Sud de la France où l’on chantait beaucoup jusqu’aux années 60 ; et Christina, avant même de devenir artiste, et a fortiori de préparer ce spectacle, connaissait déjà des dizaines de chansons de Brassens par coeur…

    « La visite » (« On venait du pays voisin/On n’avait aucune intention/De razzia, de déprédation/Aucun but illicite/On venait pas piller chez eux/On venait pas gober leurs œufs/On venait en visite… »), « Gastibelza », « La Prière », « L’ancêtre », et autres titres célèbres : Christina raconte sa propre histoire, en empruntant les chansons et les mots de Georges.

    Le spectacle est joyeux, enlevé, drôle parfois, comme tous les spectacles de la pétulante artiste marseillaise, que babelmed aime beaucoup, depuis ses premiers albums ! Et le disque réussit cette prouesse, de nous faire ré-entendre les mots et toute la profondeur de sens, de ces chansons que nous croyions connaître par coeur.

    De son nuage là-haut, j’en suis sûre, l’oncle Brassens a bien voulu donner sa bénédiction, ou sinon une belle accolade, à cette nièce adoptive…

    www.christinarosmini.com 

  • ESTEBAN MURILLO, Mi verdad, Homerecords 

    Racines, racines… : le flamenco fleurit aussi en Belgique, qui l’eût cru ? Grâce à la mondialisation et aux migrations inter-européennes qui se sont fortement développées au siècle dernier, Esteban Murillo a grandi à Charleroi en Belgique, au son des guitares flamencas de son grand-père et de ses oncles maternels, et a le coeur flamenco depuis son enfance…

    Formé à la guitare classique et au chant, son premier album, Leyenda, naviguait entre pop et flamenco. Dans ce deuxième opus l’artiste revient aux racines du flamenco, et nous séduit totalement avec son chant vrai et expressif et son sens du rythme.

    Esteban Murillo a voulu rendre hommage à Federico Garcia Lorca, dont les poèmes le nourrissent, et il chante ses poèmes dans presque la moitié des compositions de l’album, sur des musiques composées par lui-même ou par des amis tels que Anthony Carrubba ou Myrddin De Cauter.

    Parfois un piano s’invite (« Dos tintas »), ou bien une trompette suave s’insinue (« Aire nocturno »), pour créer un univers singulier, pour créer tout court, tout en demeurant dans le monde et l’esthétique flamenca.

    La voix : c’est la voix qui, en dernière instance, est la plus importante dans le flamenco. Bien plus que les textes, que la musique, ou le rythme. Son expressivité. L’émotion qu’elle dégage. La douleur qu’elle sait traduire. La passion aussi. Et, sans même le voir sur scène, à la seule écoute du disque, l’on sent que Esteban se donne corps et âme à son chant. Comme le flamenco l’exige. Héritages, héritages : Esteban Murillo, grandi en Belgique, est bel et bien de sang Espagnol !

    www.estebanmurillo.com 

    www.homerecords.be 

  • DAFNÉ KRITHARAS, Djoyas de mar, Lior Editions

    Voilà une nouvelle voix dans le paysage des musiques du monde en France – et en Grèce ! Dafné Kritharas, artiste française née d’un père grec et d’une mère française, nous offre ici un album délicieux de chants grecs et judéo-espagnols tels qu’ils étaient chantés à Istanbul, Salonique ou Smyrne, où vivait autrefois une forte communauté judéo-espagnole, qui avait gardé le ladino comme langue.

    Dafné chante tantôt en grec tantôt en ladino, mais aussi en turc, en espagnol, en serbo-croate et en français, et nous supposons qu’elle doit parler au moins deux ou trois de ces langues-là, comme à peu près tout le monde en Grèce pendant la première moitié du XX° siècle, période où ces chants – dont le rebetiko – s’épanouirent. Nous reconnaissons ici le célèbre « Imre Kero Madre », chanté en ladino, qu’interpréta magnifiquement aussi dans ses premiers albums l’artiste israélienne Yasmin Levy.

    Une voix claire et pure, une simplicité dans l’exécution vocale et une sobriété dans l’accompagnement musical : Dafné Kritharas et ses amis musiciens se veulent au plus près de l’authenticité et de la vérité de ces chants.

    Nous souhaitons bienvenue à Dafné dans le monde des interprètes des musiques de Méditerranée, et lui souhaitons belle et longue route !

     

    info@lioreditions.com

  • MARYLÈNE INGREMEAU & KHALID KOUHEN, Sillage (Oui-Dire)

    Nous avons été charmée par ce disque d’un duo qui nous était totalement inconnu : la française Marylène Ingremeau au chant, en duo avec le poly-instrumentiste marocain Khalid Kouhen, explorent ensemble une vaste palette de chants, de langues, de rythmes, et d’univers géographiques, pour nous proposer un voyage autour du monde, en musique, tout à fait délicieux !

    La voix de Marylène, claire et limpide, se balade de l’Italie à l’Inde, de la Renaissance au Moyen-Orient, et comme nous ne connaissons pas toutes les langues du monde, nous ne savons dans quelles langues se chantent les titres « Oïbir », « Tumi aponjon » ou « Batum », et c’est tant mieux ! Comme nous parlons l’arabe nous avons pu néanmoins identifier « Nami nami », berceuse traditionnelle du Moyen-Orient(« Nami nami ya zrira… » – Dors Dors ô ma petite…).

    Mais nul besoin de connaître les langues de ces chants ou d’en comprendre les paroles, et nous nous laissons emporter ici par le balafon de Khalid Kouhen, là par un rythme tout indien de tabla, là encore par un rythme très Renaissance d’un chant – sarde ? balkanique ? – qui semble remonter aux temps des troubadours, et ici par un chant où revient le célèbre « Aman Aman » ottomano-balkanico-arabo-maghrébin, dans une langue qui est peut-être du berbère, peut-être autre chose…

    La magie opère, car chacun dans son registre – voix et percussions – nos deux artistes excellent. Car si Marylène s’est promenée dans les traditions chantées du monde, Khalid s’est frotté à des percussionnistes indiens, brésiliens et caribéens.

    Nous saluons bien haut ce disque enchanteur, et ce nouveau duo, qui trouverait tout à fait sa place dans maints festivals, d’été ou d’hiver – à commencer par le bien-nommé festival « Au Fil des Voix »…

    ouidireprod@gmail.com

  • CITYBEATS (Collectif), Absilone/Crossover Prod

    Voici une excellente anthologie de la nouvelle scène musicale arabe, présentée par RFI Talents (Radio France Internationale) et Crossoverprod, boîte de prod basée à Paris et spécialisée sur les musiques arabes. Le pari : une dizaine d’artistes qui représentent autant de pays et d’univers différents, pour nous montrer la richesse de la création musicale arabe, depuis l’éclosion des Printemps Arabes. Exemples :

    – Le Franco-palestinien DJ Sotusura rappe en arabe ;

    • sur un accompagnement electro-beat, la Tunisienne Ghalia Ben Ali chante en s’inspirant de la cantillation coranique avec ses longues voyelles (ex : « asdiqaaaaaaa’i » (mes amis),  « assawwwwwwwwt » (la voix), etc.) ;
    • les Marocains du groupe Hoba Hoba Spirit nous font entendre leur rock insolent, violent et rebelle, chanson bilingue français/arabe comme la société marocaine elle-même aujourd’hui ;
    • le clarinettiste syrien Kinan Azmeh nous offre une excellente pièce instrumentale où l’univers classique, violoncelle à l’appui, se marie avec l’Orient fort harmonieusement ;
    • la Soudanaise Rasha Sheikh Eldin utilise l’arabe classique et le ‘oud pour affirmer un enracinement dans une tradition.
    • etc.

    Tradition : justement, à l’écoute de cet album, nous saluons à la fois la formidable libération de la créativité musicale dans le monde arabe, tout en espérant que cette nouvelle génération ne jettera pas le bébé avec l’eau du bain, c’est-à-dire gardera ses racines. Car lorsque l’on entend certains riffs de guitare marocains trop évidemment copiés sur ceux des années 70 en Occident, ou dans un autre registre May al Qasim, artiste née à Bahrein et qui vit à Dubaï, qui reproduit la variété américaine de bas étage, l’on se dit que la modernité et l’ouverture sont nécessaires pour que se développe la créativité musicale dans la région, mais ils ne sont pas toujours gages de qualité et d’authenticité. « Brise tes chaînes et tu es libre, perds tes racines et tu meurs » dit un proverbe africain….

    http://citybeatsmusic.fr

  • DANIEL BELLEGARDE, Anba Tonèl (Conseil des Arts et des Lettres du Québec & Conseil des Arts du Canada)

    Voici un album que nous avons mis sur notre platine sans rien connaître de l’artiste, disque arrivé par la poste en provenance du Canada, sans infos ET sans dossier de presse, et que nous avons immédiatement adoré !

    Daniel Bellegarde, dont voici le premier album, est un percussionniste haïtien installé au Canada, et il doit bien aimer danser, ou faire danser les gens, car son album est un hommage très réussi aux danses antillaises – Haïti, Martinique, Guadeloupe et Dominique.

    Et ce que nous avons aimé dans ce disque, c’est, d’une composition à une autre, ce mélange d’anciennes danses venues d’Europe, telles la contredanse, le quadrille ou le menuet, avec des rythmes caribéens comme le « son » cubain, et avec des rythmes venus d’Afrique. Ces mariages donneront par exemple un style de danse baptisé « menuet-Congo », appellation qui dit mieux que tout ce métissage des genres.

    L’album s’ouvre par des chants collectifs seulement rythmés de percussions, qui évoquent immédiatement une musique destinée à être jouée et entendue en groupe : c’est un chant vaudou traditionnel de Haïti. Puis suit un quadrille dont l’introduction ne laisse en rien soupçonner qu’il est antillais, et qui pouvait aussi bien être joué à Paris, Londres, Madrid ou la Nouvelle-Orléans, au XIX° siècle. Le troisième titre évoque immanquablement les rythmes cubains, et ce style typique de l’île baptisé « son » ; sur ce rythme cubain viennent se greffer les paroles d’un long poème récité : technique empruntée au rap pensons-nous d’abord, avant d’apprendre par le livret qu’il s’agit d’un genre traditionnel appelé « twoubadou de Haïti » : preuve à nouveau que le rap et la pose d’un texte parlé sur de la musique n’ont rien inventé, héritiers directs de nos troubadours d’Europe…

    Et ainsi de suite… L’ensemble du disque est donc délicieux, inventif, varié, et vous donne des fourmis dans les jambes : à l’écoute, vous n’avez qu’une envie : filer dans un festival de danses antillaises pour vous mêler à la foule et danser à votre tour ! Le titre « Anba Tonèl », mots créoles que votre humble servante ne parle pas et ne peut donc traduire, composition inspirée des contredanses de Haïti, est d’ailleurs explicite : les paroles sont celles qui guident les danseurs et danseuses pour l’exécution des figures parfois complexes, et obligatoirement synchronisées entre tout le groupe de danseurs/danseuses, de ces danses d’autrefois, qui se dansent à deux mais surtout en groupe, chacun changeant de cavalier/cavalière au fil des figures …:

    « Attention cavaliers cavalières, formez les rangs !

    Présentez… cavaliers !

    Saluez !

    Formez le 8 !… « 

    etc.

    La bonne nouvelle, pour ceux d’entre vous qui vivent au Canada, c’est que Daniel Bellegarde se produira au Festival Kafé Karamel, à Gatineau au Québec, ce 28 juillet 2018. Et parions que le public dansera autant qu’écoutera cette joyeuse bande de musiciens !

    Et nous saisissons cette occasion pour saluer la mémoire de ces millions d’esclaves noirs, déportés d’Afrique ou nés en captivité, pendant des siècles, qui eurent l’intelligence de ne prendre et garder de la culture européenne dans laquelle ils étaient plongés, que le meilleur : et notamment la sophistication de la musique, et le goût des bals et amusements, si vivaces avant la Révolution Industrielle. Voilà pourquoi les joyeux carnavals et le goût de la danse survivent encore aux Caraïbes et en Amérique du Sud (« bailar »! Carnaval de Rio! etc.), alors qu’ils ont quasiment disparu d’une Europe où depuis le XVIII° siècle et l’invention de la machine, l’on pousse les gens à ne plus penser qu’à travailler, faire carrière, gagner de l’argent, une Europe (et une Amérique du Nord, sa fille) où les danses collectives et l’amusement populaire et collectif ont quasiment et tristement disparu… Et où il faut une Coupe du Monde gagnée pour que la foule s’autorise à exprimer sa joie dans les rues, collectivement… Mais où sont les danses et carnavals  d’antan, dans cette vieille Europe ?…

    Saluons aussi la mémoire de feu la journaliste Chantal Jolis, qui avait encouragé Daniel Bellegarde à réaliser cet album, journaliste française qui avait choisi de s’installer au Canada, faisant carrière à Radio-Canada et y devenant très populaire, et créant le département « musiques du monde » de cette radio nationale… Comme quoi nous plumitifs qui écrivons sur ces « musiques du monde » pouvons parfois servir à quelque chose…!

    Un grand bravo donc à Daniel Bellegarde pour ce premier album superbe, qui en augure bien d’autres à venir !

    www.danielbellegarde.com

    www.facebook.com/danbellegarde

    https://festivalkafekaramel.com

  • L’ACADÉMIE DE MUSIQUE À MIRECOURT, Session 2018 : la musique classique partagée entre enfants et adultes

    Je viens de participer à la semaine de « L’Académie de Musique à Mirecourt », stage musical pour instruments à cordes initié il y a 4 ans par la dynamique Marie-Christine Martinie-Myron, violoniste concertiste et professeur de violon en conservatoires, et : c’était formidable ! Après dix ans de piano et de guitare classique, j’ai démarré le violoncelle il y a six mois, et ce stage m’a offert le bonheur immense de jouer en orchestre, et en petites formations de musique de chambre ! Certes à mon tout petit niveau, égal à celui d’enfants débutants, mais : quel plaisir !!!!

    Pour vous faire partager un peu de ce que nous avons vécu, la trentaine de participants – dont un tiers d’élèves adultes parmi les enfants et adolescents – et la petite dizaine de professeurs (enthousiastes et formidables !), voici quelques « instantanés en mots » de cette « Folle Semaine » !

    La violoniste et chef d’orchestre Marie-Christine Martinie-Myron, initiatrice et coordinatrice de l’Académie de Musique, dirige ses jeunes élèves.

    a) Le premier soir, grand plongeon : Marie-Christine nous rassemble tous dans l’auditorium, et : déchiffrage et première exécution, grands et petits mêlés, débutants et confirmés, chacun avec la partition correspondant à son niveau, car plusieurs voix sont proposées pour le même instrument, première répétition donc d’un morceau célèbre pour les plus grands : La Cumparsita ! Tango qui fut un « tube » pour nos parents, dans les années 40 et 50 ! Rythme enlevé, on s’amuse ! Pour moi c’est une grande première : la première fois que je joue en orchestre, et : j’ADORE !

    b) Les cours du matin : à noter : tous les profs sont concertistes également, et l’enseignement n’est qu’une partie de leur activité professionnelle – ce qui aide évidemment pour l’apprentissage de la musique en ensembles ! Ma prof de violoncelle est Marta Banneberg, concertiste bulgare ; les profs de violon sont américaine (Mélissa Schneps, violon), polonaise (Maria Ciszewska), ou américaine de formation (Marie-Christine Martinie-Myron) ; la prof de guitare classique est Claire Sananikone (Laos-France) ; et pour la France Nicolas Galière (prof d’alto), Antoine Naturel et Emile Marmeuse (profs de contrebasse) complètent ce tableau multi-culturel. Multi-culturel et multi-générationnel : ce stage est comme la musique elle-même !

    c) Le stage est international aussi pour les élèves ! Car les deux élèves adultes en guitare viennent… de la Réunion, venus spécialement en avion pour l’occasion ! Max Girardot, qui vient se perfectionner auprès de Claire, qu’il connaît déjà, est même… prof de guitare à la Réunion. Avec Florent Lawwun, et un élève ado, Sharjeel, ils répètent du matin au soir, et sont fort assidus !

    La prof de violoncelle, la concertiste bulgare Marta Bannenberg (à g.), parmi ses élèves adultes  – votre humble servante à droite. 

    d) Pendant les cours du matin, humilité de l’adulte débutante que je suis, par rapport à des enfants et ados bien plus calés ! Et admiration devant ces gamins et gamines, âgés de 8 à 18 ans, passionnés de leur instrument, et que j’imagine pendant l’année, pendant que leurs camarades jouent à des jeux vidéos ou passent leur temps sur leur portable, étudient et pratiquent leur violon, violoncelle, guitare, contrebasse…

    e) Les résultats sont là : Marie, 18 ans dont 12 ans de violon, est d’emblée « première violon » de l’orchestre, car d’un niveau quasi-pro ! Elle fait d’ailleurs déjà partie d’un orchestre, tout en poursuivant ses études de psychologie. Avec Florine, 25 ans, autre meilleur violon du groupe, qui adore le violon celtique et participe à des festivals où violonistes de tous âges se retrouvent pour improviser et faire danser au son de musiques populaires et enlevées, je suis certaine qu’elles font l’admiration des gosses qui sont là, et qui peut-être se projettent quelques années en avant. Elles font en tout cas la mienne !

    La prof de guitare, Claire Sananikone, avec ses élèves : Florent et Max, les adultes, sont venus de La Réunion… 

    d) Nous ne jouons pas du matin au soir, rassurez-vous ! Les après-midis, nous partons à la découverte des trésors musicaux, vivants ou historiques, de la ville de Mirecourt, berceau de la lutherie française depuis des siècles, et que Marie-Christine, à travers ce stage, veut contribuer à mieux faire connaître du grand public :

    – le musée d’abord, avec sa collection d’instruments anciens ;

    – les ateliers de luthiers, comme celui de Jean-Philippe Cognier et  Roland Terrier, où les plus grands apprennent à prendre soin de leur instrument ;

    – on invite Jean-Claude Condi, un luthier spécialisé dans le violon traditionnel suédois, la « Nyckelharpa » (harpe à touches), à venir parler de sa passion pour cet instrument, dont le son nous envoûte, nous les « grands » – comme si un orgue était caché dedans ;

    – le luthier Jean-Jacques Pagès vient présenter aux enfants l’ « octobasse », qu’il fabrique, contrebasse géante comme dans un dessin animé, imaginée et commandée par Berlioz pour l’une de ses oeuvres, et pour laquelle il faut grimper sur un escabeau pour en jouer, bien évidemment !

    Nos deux « premiers violons » de l’orchestre : Marie, 18 ans (en blanc) et Florine, 25 ans (casquette) : entre elles la prof de violon Maria Ciszewska ; à gauche Cassandre, l’animatrice Bafa qui encadre les enfants.

    e) Contrebasse : le jeune contrebassiste Emile Marmeuse, fils de luthier de contrebasse dans la région, vient apprendre aux enfants la technique du « slap », frappe des cordes avec la main droite très utilisée dans le jazz, qui séduit les plus jeunes comme Robert, 8 ans, plus jeune élève de contrebasse du groupe, qui pendant le concert des profs regarde Emile avec une immense admiration ! Et Elsa, pendant le concert des élèves, donnera une autre démonstration de cette technique qui prouve que les instruments de musique « classique » aiment aussi à voyager dans d’autres rythmes et d’autres univers !

    f) Les feux d’artifice du 14 juillet : grand moment pour les grands – dont une partie déguste bières et vin d’Alsace au bistro de la place, récompense bien méritée après une semaine de travail – et grand moment aussi pour les petits, heureux de participer à la course autour des deux ponts de la ville, qui leur fera gagner à chacun un joli lampion multicolore avec une petite bougie dedans ! Les petites comme Pauline aiment se blottir dans les bras de Marie-Christine, seconde maman pour les petits du groupe loin de la maison pendant toute une semaine…

    g) Le concert des profs et le concert des élèves : grands moments ! L’humour et la variété des styles musicaux, car ont été joués : Mozart, Haydn, Rossini, Rameau mais aussi Harry Potter, La Cumparsita, Mission Impossible, des airs irlandais, du jazz et des impros, les petits « moustiques » débutants (comme moi !) parfois au pizzicato pendant que les plus confirmés jouaient la ligne mélodique, musique pour tous et pour tous niveaux, pédagogie mise en pratique !

    h) Les enfants – et les plus grands : pourquoi ont-ils choisi cet instrument ? quelle est leur motivation ? En reporter que je suis, je pars faire mon enquête auprès de ces chères têtes blondes ou brunes – où je relève, aussi, beaucoup de multi-culturalisme : car Martinique, Réunion, Sénégal, Cambodge, Espagne, et autres contrées, sont représentés parmi les enfants. Et deux enfants du groupe, Niya (violon) et Robert (contrebasse) sont les enfants de Marta, la prof de violoncelle : la musique en héritage familial, comme souvent…

    Jean-Claude Condi, luthier et passionné absolu de Nyckelharpa, le violon traditionnel suédois.

    i) Résultats de l’enquête :

    Florine, 25 ans, violon : « J’avais 4 ans, au Conservatoire, j’ai aimé la sonorité du violon. Je ne viens pas du tout d’une famille de musiciens. J’ai failli arrêter à 10 ans, à cause d’une prof que je n’aimais pas du tout. Finalement j’ai continué, et aujourd’hui je suis fan de musiques celtiques ! »

    Marie, 18 ans, violon : « Je voulais faire du piano, mais ma mère m’a dit : « on n’a pas de place à la maison ». J’ai donc fait du violon : et dès le début, ça m’a plu ! Vers mes 12-13 ans j’ai eu envie d’arrêter, et ma mère m’a forcée à continuer : je lui en serai éternellement reconnaissante ! Ce que j’aime dans le violon, c’est qu’il me permet de m’échapper, et de créer quelque chose qui est propre à moi, même si je ne fais que suivre une partition. C’est aussi faire quelque chose qui me fait plaisir, et faire plaisir aux autres. Par exemple, quand je joue mes parents sont contents, et les voisins me disent parfois : « ah je vous ai entendu jouer c’était très joli… » ». 

    Pauline, 9 ans, violon : « J’apprends le violon depuis deux ans, au conservatoire avec Marie-Christine. A 3 ans, j’avais entendu la soeur de ma Maman jouer du violon, et j’avais beaucoup aimé. En plus la prof est sympa : c’est ce qui m’a poussée à m’accrocher. Je fais aussi du rugby, et au début mes parents pensaient que ça n’était pas possible, de faire du violon et du rugby en même temps. Parmi les musiques que j’aime : « Le Petit Paganini » et Eddie Mitchell – mes parents sont fans de lui ! ». 

    Robert, 8 ans, contrebasse : « J’apprends la contrebasse depuis 3 ans au conservatoire. Pourquoi la contrebasse ? Parce qu’une fois, pendant un concert de ma mère, j’ai entendu la contrebasse, et j’ai bien aimé. Quand j’ai commencé les cours ça m’a plu toute de suite. Je vais au conservatoire trois fois par semaine, les lundis, mardis et jeudis, et je joue à la maison le week-end. J’aime Harry Potter et le jazz ». 

    Shaïli, 10 ans, violon : « Je vais entrer en 2ème cycle de violon au conservatoire. J’ai choisi le violon après avoir découvert sur Youtube le concert d’une chanteuse qui chantait avec un violon électronique. J’ai beaucoup aimé ! Quand j’ai commencé le violon, je voulais jouer directement comme cette chanteuse, et ça m’a embêtée de ne pas pouvoir le faire tout de suite. Mais aujourd’hui ça me plaît beaucoup d’apprendre et de jouer. Ma maman joue du clavecin, et ma petite soeur joue du violoncelle. Mes deux tontons, mes deux cousins et ma tante jouent de la guitare. On est toute une famille qui aiment la musique. Mes parents aiment le rock et la musique classique ». 

    Gustave, 11 ans, violoncelle : « J’apprends le violoncelle depuis 4 ans, dans une école de musique. Avant j’ai fait 2 ans de conservatoire : ils nous ont proposé plusieurs instruments et j’ai préféré le violoncelle, pour le son. Mes parents vont souvent à des musées et à des concerts, ils aiment la musique classique. Moi j’aime Bach et Beethoven, et j’aime aussi la musique pop ». 

    Frédéric, la cinquantaine, violoncelle : « Je suis prof de maths en lycée. J’ai commencé le violoncelle à 10 ans, et j’ai arrêté à 15 ans. Je rejouais de temps en temps, mais à 38 ans j’ai décidé de m’y remettre, en prenant des leçons particulières. J’ai commencé par louer un violoncelle, avant d’en acheter un. J’ai fait quelques stages de violoncelle, je joue parfois avec des amis, j’ai aussi appris la viole de gambe et le rebec. Jouer du violoncelle m’apporte plusieurs choses : d’abord une grande détente et un grand plaisir ; un autre aspect est la discipline mentale : car je pratique aussi la méditation, et la concentration qu’exige le travail musical m’aide pour la concentration, d’une manière générale. Mes goûts musicaux sont très éclectiques : j’aime écouter de la musique baroque, j’aime Bach, le jazz, la musique indienne et la fusion. Mais je n’aime pas trop la musique contemporaine ».  

    Les enfants et ados – ici Justine (violon) et Elsa (contrebasse) – ont appris à fabriquer une « contrebasse » et un violon chinois traditionnel « Erhu »  avec… un sceau en plastique et un tuyau de plomberie… mais de vraies peau de chèvre et corde de contrebasse !  

    j) Et au bout de cette semaine, de partages musicaux et de discussions avec les enfants et adolescents du groupe, que je trouve plus sereins que ceux de leur âge, s’entendant bien ensemble, faisant un foot sur la pelouse ou papotant à l’ombre après les repas (bien encadrés aussi par Cassandre et Hugo, les 2 « BAFA » engagés pour cela), je me fais cette réflexion, que ces enfants me semblent plutôt mûrs pour leur âge, Marie à 18 ans ou Florine 25 ans déjà « jeunes adultes » dans leurs réflexions et leurs discussions avec nous les « adultes », car elles partagent notre table de « grands » ; Gustave, Shaïli, Pierre, Enguerrand, Eugénie, et tous les autres, si déterminés dans leur apprentissage de leur instrument, si jeunes et si concentrés en effet sur leur partition, si désireux d’aller plus loin… Et les enfants de Mirecourt et de la région, « externes » qui participent à ce stage ouvert évidemment aux jeunes et adultes de cette région musicale historiquement, Alice, Amélie, Yago, mais aussi les « grands » comme Françoise ou Patrick, qui m’épatent par leur oreille déjà experte pour juger du son d’un violoncelle, pour parler facture d’instruments, ou par leur assiduité à apprendre, comme Françoise, mère de famille, infirmière, et élève violoncelliste également…

    k) Enfin, une rencontre marquante de ce séjour aura été avec « la famille Schneider » : Hélène la grand-mère, le sourire toujours au visage, violoncelliste et viole-de-gambiste (j’invente!), qui joue dans 7 orchestres, entre Mirecourt et Nancy : classique, chambre, musiques du monde avec une prof du conservatoire de Mirecourt, et autres styles musicaux, et qui a ainsi une répétition par jour… pour son plus grand plaisir ! « Apprendre le violoncelle a changé ma vie ! » nous confie-t-elle, le visage radieux. Son fils Julien, violoncelliste et aujourd’hui luthier à Valence en Espagne (www.luthiervalencia.com) , le même regard doux et souriant, et les petits-enfants Yago,13 ans, au violoncelle et Cécilia, 9 ans, au violon. Yago est heureux : son père lui a promis qu’il lui fabriquerait son premier violoncelle, quand il abandonnera son 3/4 pour passer au violoncelle d’adulte. Une belle histoire de famille et de musique, une belle histoire de famille musicale. Comme la ville de Mirecourt continue d’en abriter, aujourd’hui comme hier… 

    Le concert des élèves, pour les familles et le public, le dernier jour, dans le joli parc de l’Ecole Nationale de Lutherie… 

    En savoir plus : http://www.musiqueacademie.com/fr/ 

    https://www.facebook.com/musiqueacademiemirecourt/

    vidéo Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=rhyEbb_78GA