FRANCE-OCCITANIE-PROVENCE : DUO MONTANARO. « Be »

Heureusement qu’existent encore en France, et de par le monde, quelques artistes attachés à continuer à faire vivre des traditions musicales anciennes de plusieurs siècles… Et nous avons un immense plaisir à entendre, aujourd’hui en 2021, la flûte provençale que joue Miquèu Montanaro, oh cet instrument si humble, si facile à confectionner et à mettre dans sa poche, compagne des bergers en Provence depuis toujours, depuis l’Antiquité déjà, car rappelons que le dieu Pan jouait de la flûte, déjà… 

La flûte provençale dite « galoubet », flûte à trois trous que l’on joue d’une main car l’autre est occupée à jouer du tambourin : voilà quel était le duo traditionnel qui rythmait les chants et les fêtes de village, en Provence autrefois. Mélodie d’une part, rythme de l’autre : comme avec l’accordéon, un homme seul faisait l’homme-orchestre…

Instruments anciens, humbles et populaires, qui ne nécessitaient aucun apprentissage en conservatoire, aucun diplôme : car ne l’oublions pas, dans les villages de Provence et de France avant l’industrialisation, comme dans les villages d’Afrique ou d’Amérique latine aujourd’hui, les musiciens étaient nombreux : oh personne n’était musicien de métier, on était à la fois cordonnier et musicien, paysan et musicien, forgeron et musicien, ou tisserande et chanteuse… Mais le village entier chantait et dansait – et dans certains coins du monde dansent encore, sans chef d’orchestre ni chorégraphe… 

C’est donc ce monde d’autrefois que font revivre le père (Miqueu Montanaro) et le fils (Baltazar Montanaro), car si la Compagnie Montanaro est bien enracinée en Provence – dans le village de Correns plus précisément – cet enracinement dans leurs traditions leur a permis, au fil des ans, de partir à la rencontre d’autres traditions rurales : ainsi Miqueu joue ici de la guimbarde, très utilisée en Asie ; de la « fujara », immense flûte slovaque, inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité car menacée ; ou encore la « dvojnica », double flûte bulgare. Baltazar, lui, joue du violon, instrument répandu dans le monde entier, et qui a d’abord accompagné les bals et fêtes de village, avant de s’inviter sur les très chic scènes de concert ou d’opéra…

« Be » signifie « intérieur » en hongrois, nous expliquent nos deux artistes, et l’ambiance de tout l’album est bien un voyage intérieur, bien que faisant appel à des instruments du monde entier… Se nourrir du monde entier pour mieux s’enraciner : tel pourrait être le message de ce superbe disque-plaidoyer…

companie-montanaro.com 

Nadia Khouri-Dagher

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