TUNISIE : SABRY MOSBAH, Mes racines/Assyali (PIAS/Accords Croisés)

SABRY MOSBAH, Mes racines/Assyali – PIAS/Accords Croisés

Les populations noires de Tunisie, essentiellement présentes dans le Sud du pays, et venues du temps des anciens commerces trans-sahariens, sont restées longtemps marginalisées, socialement et culturellement – héritage sans doute de l’ancienne condition faite aux esclaves, les Arabes ayant longtemps nourri un racisme anti-noir qui ne se cachait pas, alors même qu’une grande partie de la population de ces pays pouvait être fortement métissée…

Avec l’affirmation des cultures populaires un peu partout dans le monde, les traditions musicales de cette population sont en train de s’affirmer. Sabry Mosbah, avec un titre-étendard – « Mes racines » (Assyaly veut plutôt dire « mes authenticités » en arabe) poursuit ce travail de valorisation d’un patrimoine musical qui jusque-là faisait très peu l’objet de disques.

Au Maroc pourtant, pays cousin, la musique gnawa, héritage venu d’Afrique noire également, est depuis longtemps à l’honneur, tant dans le pays qu’à l’international. Place donc aujourd’hui à la découverte des musiques « stambeli », qui est le nom de ces traditions musicales africano-tunisiennes.

Mais l’album va bien au-delà d’un hommage à ce seul style musical, et l’on y trouvera des styles musicaux très divers, depuis le rock énergique qui ouvre l’album, directement inspiré des groupes de rock occidentaux qui ont nourri la jeunesse de Sabry Mosbah, que de fort jolies balades, chantées d’une voix douce accompagnée au ‘oud, et qui nous évoquent immédiatement, par la proximité des univers, l’égyptien Mohammed Mounir.

Car en Egypte, Mohammed Mounir, issu lui aussi du Sud du pays, et qui a, comme Sabry Mosbah, la peau cuivrée des populations métissées, est devenu une star en valorisant les mélodies et rythmes du « Saïd », nom que les Egyptiens donnent à la Haute-Egypte, et la parenté entre les deux artistes est troublante, nous parlant également de routes trans-sahariennes est-ouest fort anciennes…

Parions que Sabry Mosbah connaîtra dans son pays – et au-delà – le même succès que la star égyptienne, et pour les mêmes raisons : des musiques authentiques, qui sortent enfin de l’ombre…

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