ITALIE : LA SQUADRA, Trallalero, polyphonie de Gênes

 

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LA SQUADRA, In sciô ton – Trallalero, polyphonie de Gênes, Buda Musique

Dans son roman formidable, «Banjo», description du Marseille des années 30 où il vécut et où il fréquenta les milieux des travailleurs du port, qui venaient de tous pays à l’époque, l’écrivain noir américain Claude McKay (1889-1948), l’un des pilliers du mouvement appelé «Harlem Renaissance» par lequel les Noirs américains, ségrégés, méprisés et victimes du racisme dans leur pays, se découvraient une fierté et des racines en Afrique, Claude Mc Kay donc décrit comment à l’époque à Marseille, dans les bars et restos populaires autour du Vieux-Port, on chantait, faisait de la musique, et dansait, de manière improvisée. Le héros de son livre, surnommé «Banjo», joue de cet instrument dans les bars, et tente de gagner sa vie comme musicien… (A vrai dire, dans les années 30 en France – et ailleurs aussi sans doute – tout le monde chantait beaucoup, demandez à vos aïeux : le disque et la radio n’avaient pas encore envahi tout l’espace sonore… )

L’origine du «trallalero» gênois viendrait de là : ce chant polyphonique masculin – on a l’équivalent en Corse avec des groupes comme A Fileta et, désormais à Marseille aussi avec un groupe comme Radio Babel Marseille – ce chant collectif masculin, à voix nue c’est-à-dire sans aucun instrument d’accompagnement, serait né, nous explique le livret de ce disque du groupe gênois «La squadra», dans les tavernes, d’où les femmes étaient exclues (sauf une certaine catégorie, bien entendu….), exactement comme le raconte McKay dans son roman : des marins en escale, des dockers, des marlous, des voyageurs comme l’écrivain comme lui-même, se retrouvaient le soir, et, un peu ivres parfois, contents d’être ensemble en tout cas, entamaient des chansons, ensemble…

Ces chants collectifs, aux origines mystérieuses – une autre piste à envisager serait les chants religieux polyphoniques d’autrefois, et on peut même imaginer que nos clients de tavernes chantaient déjà ainsi à l’Antiquité… – et qui puise sans doute aux deux sources, profane et sacrée, et très loin dans l’Histoire, font la réputation du groupe gênois La Squadra, qui existe depuis 20 ans et a donné quelque 400 concerts dans le monde entier.

«Squadra» est le nom que les Gênois donnent à ces groupes musicaux, composés de 8 à 12 hommes, avec obligatoirement 4 solistes – un contralto, un ténor, un baryton, et une «guitare vocale» qui chante des syllabes sans sens, pour créer du rythme – le reste du groupe constituant l’accompagnement de basses. 

Exemple de Trallalere populaire chanté aujourd’hui :

Ecouter Radio Babel Marseille, polyphonies revisitées à l’ère moderne du «beat box» :

Voir la présentation du livre «Banjo», récemment réédité par les éditions de l’Olivier, par le groupe marseillais Les Moussu T (qui nous ont fait connaître ce livre !). Lecture indispensable pour tous ceux qui aiment Marseille ! :

www.budamusique.com

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