ESPAGNE : Antonio Placer, le chant poétique comme rébellion

0-ANTONIO P

ANTONIO PLACER, Mi pais se hunde, S’ard music/L’autre distribution

Parmi les pays où l’on continue de mettre en musique de la poésie : l’Espagne, avec le dernier disque d’Antonio Placer, Galicien installé en France. Voilà en quels termes il présente lui-même ce dernier travail – et les correspondances avec la démarche du Grec Photis Ionatos sont troublantes… :

«Je suis un poète en exil, et l’exil bien souvent m’a emporté dans des contrées de poésie insoupçonnables… Avec, toujours, une parole universelle, sensible, contradictoire, instinctive, le témoignage d’une résistance, d’une contestation. La défense d’une patrie poétique et intérieure. Aujourd’hui, plus que jamais, mon chant de tragédien, enraciné en terre de France, se doit de répondre à l’immense souffrance des quatre grands pays de l’Europe du Sud (la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie) qui ont nourri nos récits depuis la nuit des temps. Mon pays s’effondre, mes pays s’effondrent, mais c’est debout, et digne, que le poète riposte, alerte, panse les blessures. C’est debout, et digne, qu’il tisse des liens d’espoir, trace des chemins et des carrefours qui nous embrassent, nous emportent et nous ancrent…».

Ce sont avant tout ses propres poèmes qu’Antonio Placer met en musique ici, conviant d’autres voix : la Grecque Angélique Ionatos et les chanteuses sardes Elena Ledda et Sofia Ribeiro. Mettant tout son talent d’homme de théâtre dans ces interprétations où il se donne complètement, il nous souffle des mots de rage, mais aussi des mots d’amour, avec de magnifiques poèmes d’amour chantés, car c’est avant tout l’espoir qui guide les poètes, éclaireurs du monde…

«Ils nous disent fainéants ! Pourtant, Angélique Ionatos aide le soleil à se lever. Elene Ledda le nourrit sur le chemin du déclin et Sofia Ribeiro et moi lui chantons une berceuse avant de le coucher. Voici notre tâche primordiale !»

Disque, et démarche, de résistance, qui montrent que l’Europe éternelle, humaniste et qui éclaira le monde jadis, vit encore, parfois inaudible sous le vacarme des machines et de l’agitation du monde mercantile moderne…

http://www.antonioplacer.com

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