FRANCE: SONIA REKIS, Accordéoniste !

SONIA REKIS, Drôles de lames, (Vocation Records)

 

Sonia Rekis est, à notre connaissance, la seule accordéoniste en France – les femmes sont déjà rares dans la profession – à être née d’un père algérien. Née et grandie dans le Nord de la France, Sonia commence l’accordéon à 6 ans, et se produit déjà en public à 10 ! Nous l’avons rencontrée au festival Nuits de Nacre, à Tulle, en septembre dernier, où se produisent chaque année les meilleurs groupes et artistes mettant en valeur cet instrument, dont Tulle abrite la dernière usine en France – les accordéons Maugein.

“Il y a très peu de femmes accordéonistes”, nous expliquait-elle, “et quand j’arrive pour un concert on me demande souvent si je suis la femme d’un accordéoniste…Et il y a peu de musiciens en France qui arrivent à vivre sans donner de leçons de musique. Moi, je vis de la scène depuis 23 ans…”

Sonia commence, comme nombre d’accordéonistes, à animer les bals et les boîtes de nuit, avant de se tourner vers des projets artistiques où elle peut exprimer sa personnalité, qui mêlent théâtre, poésie, et chanson. Elle crée notamment un spectacle de duo avec le violoncelliste-auteur-compositeur William Schotte, qui donnera l’album “Dédicaces” sorti en 2010, et leur vaudra des passages télé… On la voit aussi aux côtés de Caroline Loeb (vous vous rappelez, la chanson “C’est la ouate”…?) dans un spectacle qui fera le tour de la France.

“Drôles de lames” est son premier album solo, auto-produit, et Sonia y démontre tout son talent non seulement d’instrumentiste mais de compositrice. L’accordéon de Sonia sonne grave, ce qui n’est pas ici une indication musicale mais émotionnelle. On est très loin de l’ambiance des bals que la jeune artiste devait animer, gamine. Plus proche de l’accordéon argentin, qui est un instrument à part entière avant d’être un instrument d’accompagnement de quoi que ce soit – pour la voix ou la danse. D’où le choix du solo dans ce disque.

Dans “Quai de Bourbon”, valse-musette vive et rapide, le toucher est très léger, aérien, et on imagine la folle course des doigts sur les claviers… Nous avons particulièrement aimé “Roz des sables”, sur un mélancolique rythme de milonga, et “Musique pour trotteuse”, sur un rythme de tango, pièce que l’artiste semble s’être auto-dédiée, comme certains peintres font leur auto-portrait, et qui pourrait la définir le mieux: comme dans le tango, la mélancolie est là, qui parcourt l’album, la gravité de la vie, mais cela n’empêche pas d’avancer, au contraire c’est sans doute cela même qui pousse à la danse, et qui redonne, au bout du compte, goût à la vie…

L’écouter, en duo avec le violoncelliste William Schotte: http://www.youtube.com/watch?v=ELIGLs6rxJY 

www.myspace.com/soniarekis

 

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