PROVENCE: Compagnie Montanaro, « D’amor de guerra »

COMPAGNIE MONTANARO:
D’amor de guerra, Nord-Sud

“Cri persan”: c’est sur ce titre, instrumental et tout oriental, que s’ouvre le dernier album, double, de la Compagnie Montanaro: “D’amor de guerra”. S’ensuit la chanson “Alexandria”, dont voici les paroles, sur un rythme lent, poésie parlée plus que chantée:

“Ballade citadine
Fumée des narguilés
Au calme des cafés
C’est l’heure masculine

C’est l’heure du jacquet
Des jeux d’échec fébriles
C’est l’heure fraîche, tranquille
Le doux temps de flâner

(violon oriental)

Au secret des maisons
Des gestes de tendresse
Dattes offertes en caresses
Des regards des frissons

C’est l’heure des amours
L’heure cachée, câline,
C’est l’heure féminine
Belle, rebelle, toujours

Je marche avec douceur
En dansant tous mes pas
Et mes notes déjà
Exhalent ces odeurs

Qu’elles chantent tous ces bruits
Un rien de la couleur
Cette vague pâleur
Du bleu d’Alexandrie

Qu’elles chantent tous ces bruits
Un rien de la couleur
Cette vague pâleur
Du bleu d’Alexandrie”

Le ton est donné: Miquèu Montanaro nous emmène encore une fois dans un périple musical, qui nous mène cette fois-ci non seulement à l’Est de la Méditerranée, comme dans son album “Vents d’Est”, mais au Soudan, en Hongrie, en Roumanie, en Colombie, et en Israël…

Et c’est bien d’amour et de guerre dont nous parlent ces chansons: étonnement de trouver de la joie de vivre, et le goût de chanter et de danser, aussi bien dans le Darfour dévasté, dans la ville de Medellin où s’entretuent les cartels de la drogue, que dans les écoles d’Israël, où se mêlent enfants des trois confessions…

“Troubadour”: Miquèu Montanaro ne compose pas de chansons qui font seulement plaisir, ou seulement danser, mais des chansons qui sont des messages, comme à l’époque où il n’y avait pas de papier imprimé pour colporter les nouvelles, et dire à quel point le monde va mal… Ainsi dans la chanson “J’ai vu des hommes”, longue litanie de douleur :
“J’ai vu des hommes qui tuaient (…)
J’ai vu des hommes qui me ressemblaient…”

Et nul besoin de parler l’occitan pour comprendre la chanson “Ashanti/Drecch”, écrite lors de son séjour au Darfour :
“Au mitan de l’orror
Au mitan dei foliàs
Lei crits dei violentadas…”

Heureusement, l’espoir est toujours là, comme en témoigne la chanson“Pierre à chagrin”, écrite lors d’une résidence en Anjou, et inspirée par les temps où, en France – sans aller jusqu’au Darfour – les femmes faisaient les durs travaux des hommes, comme tailler la pierre, pendant que les hommes étaient à la guerre:
“Y aura un temps pour les beaux jours
Un temps de la pierre sans surprise
Où sur la vie nous aurons prise
Reviendra le temps de l’amour”…

Si vous voulez en savoir plus sur Miquèu Montanaro et ses complices, qui, aujourd’hui basés dans le petit village de Correns en Provence, font depuis 35 ans des “musiques ouvertes”, comme ils disent, entre musiques traditionnelles provençales, musiques du monde et autres, et organisent un festival “Les joutes musicales de Correns”, allez sur leur site. Qui s’ouvre… sur la jolie chanson “Alexandria”, que vous pourrez ainsi écouter à loisir…

http://www.compagnie-montanaro.com
http://www.joutes-musicales.com

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