ESPAGNE : Martirio, 25 Anos en directo

MARTIRIO:
25 Años, en directo, Le chant du monde/Harmonia Mundi

Le disque s’ouvre sur un piano jazz swinguant, et une salve d’applaudissements: le dernier album de Martirio a été enregistré en “live”, lors de trois concerts donnés en octobre 2008 à Barcelone.

Le piano jazz est l’une des marques distinctives de la chanteuse espagnole, qui a été l’une des premières, dans les années 80, à mêler au flamenco d’autres musiques – jazz, tango, bossa nova, etc. – et à fonder ainsi le mouvement appelé “flamenco nuevo”.

Et la salve d’applaudissements nous rappelle que Martirio a de nombreux fans – comme en témoignent les nombreux messages laissés sur youtube: “Martirio est la plus grande”, dit ainsi un internaute. “Elle et Miguel Poveda sont les vrais héritiers de l’art de Estrellita Castro, la Piquer, Marifé de Triana…”

Voici donc un album-anniversaire, pour célébrer 25 ans de carrière. Un album en forme de “best-of”, qui fera découvrir, à ceux qui ne la connaissent pas, l’extraordinaire voix de cette artiste novatrice, éminemment libre, qui a mené le flamenco là où bon lui semblait, et qui a notamment rétabli le cordon ombilical qui relie l’Espagne à l’Amérique Latine. Ainsi elle reprend ici “Volver”, le tube de l’Argentin Carlos Gardel, créé en 1935, et resté un classique. Elle a aussi chanté aux côtés du cubain Compay Segundo, notamment le titre “Juliancito” dans l’album de ce dernier “Lo mejor de la vida”. On l’a vue également aux côtés de la Mexicaine Lila Downs, de la Cubaine Omara Portuondo… L’artiste reprend aussi des titres espagnols anciens restés des classiques, tels “La bien pagá”, composé par Ramon Perello et Juan Mostazo dans les années 30, et récemment repris par Bebo et Cigala ou encore Buika.

Et il est vrai que c’est en écoutant Martirio chanter que l’on prend clairement conscience, par exemple, du lien évident entre le “cante jondo”, ce chant profond du flamenco, et le tango et sa gravité. Ou entre la guaracha, rythmé cubain né au XVIII° siècle, et la rumba catalane. Mais c’est, sans doute à cause de sa mélancolie et de son caractère sombre, si proches de l’univers du flamenco, le tango qui est l’expression musicale préférée de Martirio, laquelle l’honore abondamment dans cet album (“Maria la portuguesa”, “En esta tarde gris”…).

Dans une interview donnée à Mondomix, Martirio expliquait que le choix de ce répertoire espagnol et latino-américain était pour elle une manière de “résistance contre la domination de la culture anglo-saxonne” (http://martirio.mondomix.com/fr/itw2007.htm ) .

Elle confirme en tout cas ici, par cet album, qu’elle est l’une des plus grandes artistes de la scène espagnole aujourd’hui. La chanteuse a reçu en 2004, pour son album “Acoplados”, le Prix du meilleur album de chanson espagnole, décerné par la SACEM de ce pays. Et la même année, la médaille d’or de la Région Andalousie. Avec cet album-anniversaire qui célèbre 25 ans de scène, accompagnée de son fils Raúl Rodríguez à la guitare, et de l’excellent Jesús Lavilla au piano, Martirio n’a plus besoin d’une caution institutionnelle pour nous prouver qu’elle est une immense artiste.

http://www.myspace.com/martirioweb

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